Filière manioc : le Gabon mise sur le capital humain et la coopération Sud-Sud pour accélérer sa souveraineté alimentaire

Le Ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement Rural, Pacôme KOSSY, a procédé, ce 21 juillet 2026, à l’Institut Gabonais d’Appui au Développement (IGAD), au lancement officiel d’une formation consacrée à la production et à la transformation du manioc, en présence notamment de la Représentante résidente du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD), des partenaires au développement et des bénéficiaires du programme.

Cette formation s’inscrit dans le cadre du projet IBSA (Inde-Brésil-Afrique du Sud), soutenu par le PNUD Gabon. Doté d’un financement d’environ 600 millions de FCFA, soit près d’un million de dollars américains, ce programme traduit une ambition commune : renforcer les capacités des jeunes et des femmes, développer les chaînes de valeur agricoles et contribuer durablement à la souveraineté alimentaire du Gabon.

Dans cette dynamique, le programme ARC, avec l’appui d’experts venus d’Afrique du Sud, permettra à 30 Gabonais, notamment des jeunes et des femmes du secteur agricole, de bénéficier, jusqu’au 1er août 2026, d’un transfert de compétences dans plusieurs domaines stratégiques : techniques de production du manioc, gestion des maladies et des ravageurs, transformation, bonnes pratiques agricoles et agriculture intelligente face aux changements climatiques.

          

 

Produire davantage, mais surtout créer de la valeur

Intervenant à cette occasion, la Représentante résidente du PNUD a rappelé toute l’importance de cette coopération qui offre au Ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et du Développement Rural, ainsi qu’au Ministère des Petites et Moyennes Entreprises, une opportunité supplémentaire de renforcer les capacités nationales et de consolider la chaîne de valeur du manioc.

Au-delà de la production, l’enjeu est également celui de la transformation locale et de la commercialisation, afin que les produits issus du travail des agriculteurs puissent trouver durablement leur place sur le marché national.

Prenant la parole, le Ministre Pacôme KOSSY a articulé son intervention autour de trois messages majeurs : le capital humain, la chaîne de valeur du manioc et la place centrale des femmes dans la transformation agricole du pays.

 

Sur le premier axe, le membre du Gouvernement a rappelé qu’il ne peut y avoir de développement durable sans capital humain suffisamment formé et outillé. À ses yeux, former aujourd’hui, c’est préparer les compétences qui porteront demain la transformation du secteur agricole gabonais.

Le Ministre s’est ainsi félicité de voir cette formation se tenir au Gabon, permettant aux bénéficiaires de recevoir directement l’expertise nécessaire dans leur environnement de travail. Il a également exprimé la reconnaissance du Gouvernement aux pays partenaires — l’Inde, le Brésil et l’Afrique du Sud — ainsi qu’au PNUD, pour leur accompagnement dans la mise en œuvre de cette initiative.

Du champ au marché : structurer toute la chaîne de valeur

Le deuxième message du Ministre a porté sur la nécessité de construire une véritable chaîne de valeur autour du manioc.

Alors que le Gabon travaille à accélérer sa marche vers la souveraineté alimentaire au cours des deux prochaines années, Pacôme KOSSY a rappelé la place particulière qu’occupe le manioc dans les habitudes alimentaires des populations.

Mais produire ne suffit plus. Du champ à la transformation, de la transformation au marché, chaque maillon doit désormais participer à la création de valeur.

La question de la commercialisation constitue, à cet égard, un enjeu déterminant. L’objectif est de permettre aux producteurs d’accroître leurs rendements, mais également de disposer de débouchés capables de garantir la pérennité économique de leurs activités.

Les femmes, actrices centrales de la transformation agricole

 

Enfin, le troisième message a été directement adressé aux bénéficiaires de la formation, avec une attention particulière portée aux femmes.

Le Ministre de l’Agriculture a réaffirmé sa conviction quant au caractère central de leur contribution dans les chaînes de valeur agricoles. Productrices, transformatrices, commerçantes et entrepreneures, les femmes occupent une place déterminante dans les systèmes alimentaires et doivent, à ce titre, être pleinement associées aux nouvelles politiques de développement agricole.

Pour Pacôme KOSSY, leur contribution dépasse d’ailleurs le seul secteur agricole : investir dans les femmes, c’est renforcer les familles, dynamiser les économies locales et consolider le développement du Gabon.

Le lancement de cette formation constitue ainsi une nouvelle étape dans le renforcement de la coopération entre le Gabon, l’Inde, le Brésil, l’Afrique du Sud et le PNUD.

À travers le partage d’expertise, le transfert de compétences et la valorisation du capital humain, cette initiative traduit une conviction forte : la souveraineté alimentaire ne se décrète pas ; elle se construit, compétence après compétence, producteur après producteur, chaîne de valeur après chaîne de valeur.

 

 

L’équipe communication MAEDR